Deuxième volet de la trilogie de Titus, on l'on retrouve l'univers indescriptible de "Titus d'Enfer". Ce tome est consacré au passage de l'enfance à l'âge adulte, à l'apprentissage de la liberté et à l'anticonformisme... Encore plus passionnant que le premier, "Gormenghast" nous perd dans ce château-monde figé, au beau milieu d'une faune touchante, inquiétante et amusante. Et on y est bien...
On sent dans toute l'oeuvre de Peake que de dessinateur, il est passé à peintre de la nature humaine. Et même si parfois, le trait est un peu forcé, c'est pour mieux faire ressortir le petit détail que l'on aurait pas aperçu sinon.
Editions Phébus, Collection Libretto, 552 p.
Titus d'Enfer est le premier volet d'une fabuleuse trilogie sortie de l'imagination sans limites de Mervyn Peake (sur la biographie de cet auteur très discret, voir : http://authologies.free.fr/peake.htm ). Le lieu du récit est un immense chateau, Gormenghast, démesuré, une mer de toitures à perte de vue, écrasant la nature de son architecture alambiquée. Là vivent une phlétore de personnages étranges, tous dépendants de ce qui est le coeur de Gormenghast : l'habitude et la répétition sans fin de rituels compliqués, et dont le sens est oublié de tous.
Dans ce roman, on est confronté à une richesse incomparable : poésie, satire, tragédie...
Lord d'Enfer, dont la journée est rythmée à la minute près par les rituels, devant passer précisément dans tel couloir à telle heure... Le vieux Craclosse, son majordome arachnéen, aux membres interminables, incarnation du devoir et de la rigueur, dont chaque mouvement déchaîne un concert de craquements... La jeune Fuschia d'Enfer, jeune réveuse perdue dans cet univers froid et sans affection... Lady d'Enfer, qui déclare ne pas vouloir rencontrer son enfant avant qu'il ait 6 ans et préférant consacrer son temps aux chats et aux oiseaux... Tous ces personnages ne sont qu'une petite facette du peuple de Gormenghast, et représentent une véritable caricature de la condition humaine.
Ce roman est une perle, trop méconnu, qui se lit au second degré et comporte des joyaux d'humour et de noirceur mélangés...
Edité chez Phébus, collection Libretto, Ed. 2006 (ou 1998), 502 p
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